C'est maintenant une tradition pour Yannick et moi de se faire au moins une "fin de semaine de filles" (ou une "fin de semaine de gars", ça dépend du point de vue) dans les bois à tous les étés. Comme on avait bien apprécié la région de la Matawinie l'an dernier, nous avons choisi de continuer d'explorer le Sentier national dans ce coin, et d'aller faire le sentier des nymphes. C'était aussi pour nous l'occasion d'étrenner nos hamacs Hennessy, petit luxe de la saison de plein air 2007.
Pour ceux qui ne se rendront pas plus loin sur ce blogue, je dois vous avertir: le sentier est plutôt en mauvais état. Il n'a pas été entretenu depuis plusieurs années, surtout au delà du 4e kilomètre, et la nature a pas mal repris ses droits. Ce qui aurait normalement été une traversée facile s'est avéré beaucoup plus technique. La suite, plus tard... Pour l'instant, commençons par le commencement.
Nos plans étaient d'arriver au sentier à la brunante, de s'enfoncer un peu dans le sentier pour ne pas coucher sur le bord de la route 131, puis de monter le camp. Comme nous avons un peu lambiné en chemin (on a dû attendre qu'ils refassent des frites à la rôtisserie du Point du jour), la brunante était vraiment pas mal avancée quand on s'est stationnés. Qu'à cela ne tienne, on a quand même grimpé à la lampe frontale une vingtaine de minutes dans le sentier (très bien balisé et facile à suivre dans ce coin, ne t'en fais pas papa), pour finalement monter le camp en bordure du sentier.
Malgré la noirceur maintenant respectable, ça n'a pas été trop dur de monter nos hamacs, et nous avons grandement apprécié la possibilité de se camper n'importe où, malgré le sol plus qu'inégal et très humide, vu la pluie de la journée. On a installé la corde à ours, hissé notre nourriture dans un arbre sécuritairement éloigné de notre camp, et on s'est glissés dans nos hamacs. Après un peu de gossage pour coordonner matelas de sol (tout de même nécessaires pour isoler du froid), bas de laine et sac de couchage, on a sombré dans un profond sommeil.
Réveil à une heure indéterminée le lendemain matin, frais et dispos. On a vraiment dormi comme des bébés dans nos petits cocons respectifs. On prend un morceau de gâteau aux fruits et on grimpe jusqu'au premier cap, question de déjeuner avec une vue panoramique. Le sentier jusqu'à la route est plutôt facile, et je suis contente de voir que mon genou un peu grincheux depuis le sentier des Caps se porte bien.
Après la route de la ZEC, ça se complique. La traversée supposément facile de l'érablière se trouve compliquée par la présence de plusieurs arbres tombés les uns sur les autres qui bloquent le sentier. Et bien souvent, les balises du sentier y sont passées elles aussi. Il faut donc emjamber ou le plus souvent contourner les arbres, puis retrouver la piste en faisant attention de ne pas se perdre. On a dû à l'occasion faire la technique de l'éclaireur: je restais à la dernière balise connue pendant que Yannick cherchait la suivante, et m'appelait quand il l'avait trouvée.
Après une pause repas au premier lac, on continue notre route tranquillement... Mais tout de suite, un deuxième obstacle nous bloque la route: un castor a décidé de faire un barrage à la décharge du lac, ce qui fait que celui-ci a pris de l'ampleur et envahi le sentier. On voit très bien les balises cette fois, mais pas moyen de les suivre autrement qu'à la nage. Il nous faut donc trouver un autre endroit pour traverser le ruisseau, puis se frayer un chemin à travers les épinettes avant de retrouver la trace du sentier de l'autre côté. Fiou!
On a continué encore un petit bout dans une belle forêt de conifères, puis une autre érablière, avant de rejoindre la ligne électrique autour du kilomètre 8. Jugeant notre journée assez exigeante comme ça, nous avons fait demi-tour vers l'érablière pour y monter le camp. Encore une fois, nous avons grandement apprécié les hamacs, et surtout leurs moustiquaires bien efficaces. À 9h, nous étions dans nos sacs de couchages, et on n'a pas eu le temps de voir la noirceur arriver cette fois.
Le lendemain matin, après une très grasse matinée, c'est le trajet inverse! Décampement, petite marche pour déjeuner sur le bord du lac (plus facile à traverser maintenant qu'on connaissait le chemin), repassage dans la zone des
chablis. Notre lunch sur le 3e point de vue (en partant du début du sentier), à l'ombre d'un gros bloc erratique, nous a semblé bien paradisiaque: de la bonne bouffe, plus de moustiques, de l'eau de source bien fraîche filtré du ruisseau quelques minutes auparavant, une belle vue, un beau soleil... la belle vie!
On a retrouvé la voiture vers 15h30, et on est tranquillement revenus vers Montréal pour soigner nos piqûres et nos jambes éraflées, le sourire malgré tout bien accroché aux lèvres. Même si le sentier s'est avéré plus aventureux que ce que nous avions initialement prévu, il en valait la peine! La variété des forêts traversées, le côté sauvage intouché, le plaisir de dormir dans les hamacs, et encore une fois la bonne bouffe, tout ça finit par faire un tout bien agréable! Il faudra y retourner, cette fois peut-être avec une hache et quelques pots de peinture pour faire notre part pour le sentier.
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Catherine